Définir la couleur, la teneur et la cohérence des
Chéries-Chéris : c’est tout un art, et c’est avant tout un travail de concertation, d’échange, de discussions enflammées… C’est en tout cas l’objectif prioritaire de l'équipe du festival dirigée par notre metteur en images,
Didier Roth-Bettoni !
Bien en amont des séances auxquelles vous assisterez nous l’espérons en novembre, c’est-à-dire dès le début de cette année 2009, l’équipe a défini quelques thématiques appelées à rythmer l’événement à venir. Depuis, certaines se sont imposées (l'anniversaire de
Stonewall et d'autres moments de l'histoire communautaire, la question de l'adolescence…), certaines ont été abandonnées car trop compliquées à mettre en place quand d'autres ont disparu d'elles-même, faute de films pour les illustrer.

Ensuite, le long et périlleux travail de programmation s'est mis en place, à partir du printemps : c'est-à-dire repérer dans les festivals (
Cannes, Turin, Berlin, Clermont-Ferrant…) les films pouvant nous intéresser, puis collecter auprès des distributeurs français et étrangers, petits et grands, spécialisés ou grand-public, les courts et longs métrages qui pourraient constituer une des 40 séances qui auront lieu durant le Festival.
Autant vous dire que la « machine à mails » chauffe, pendant le printemps, durant tout l’été, et jusqu’au début de l’automne. Dès que les copies arrivent, Didier et
Florence Fradelizi, co-programmatrice pour les films lesbiens et queer, les visionnent. Gros boulot : car pour proposer 40 séances au final, c'est environ 150 longs métrages et documentaires, et près de 400 courts qui sont regardés.
Les deux programmateurs proposent ensuite les films qui ont retenu leur attention aux autres membres de l’équipe. Il faut défendre ses coups de cœur et ses parti-pris tout en s’imprégnant des réactions et des arguments des autres, quand le consensus n’est pas au rendez-vous !
Petit à petit pourtant, la programmation se dessine. Parmi les films retenus, certains seront projetés en avant-première avant leur sortie en salles, d’autres ne seront montrés au public que grâce à l'existence d'un événement comme
Chéries-Chéris…
Mais les opérations sont loin d’être terminées.
Il faut ensuite négocier « gros sous » avec les distributeurs, ce qui est loin d’être le plus évident, car le budget du Festival est limité. Sachez-le, certains films auxquels Didier et Florence tenaient ne pourront être projetés car les distributeurs étaient trop gourmands ! Il faut également prévoir la venue des personnalités qui viendront vous présenter les films ou dialoguer avec vous lors de séances spéciales, et c’est une autre partie importante de la négociation !
Mais les
Chéries-Chéris, ce n’est pas que du cinéma. Ce sont aussi des débats, des expos, des spectacles vivants et ils ne peuvent voir le jour qu’en collaboration avec les artistes et parfois les associations LGBT qui deviennent alors des acteurs à part entière de l’événement ! Pour cette édition,
Act Up,
Contact, le
Centre LGBT, des associations trans et de prostitué-e-s font ainsi partie de nos partenaires.
On l'aura compris : un des enjeux essentiels de Chéries-Chéris, c'est de convaincre à la fois les cinéphiles accros aux belles toiles et le public LGBT plus militant. Une savante alchimie que nous tentons de réussir pour vous !
Dans quelques jours, nous vous dévoilerons les grands moments de la programmation 2009 ! Restez connectés !